Médinas et bâtiments menaçant ruine : protéger habitants et patrimoine
Bâtiments menaçant ruine et anciennes médinas : l’action conduite par Fatima Ezzahra El Mansouri de 2021 à 2026 pour protéger les familles et le patrimoine.
Dans les anciennes médinas et les tissus urbains historiques, des milliers de familles vivent dans des bâtiments fragilisés. De 2021 à 2026, le ministère dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri a mené de front deux chantiers complémentaires : mettre ces habitants à l’abri et préserver un patrimoine urbain qui fait l’identité du Maroc.
Recenser, classer, traiter
Pour agir sur les bâtiments menaçant ruine, c’est-à-dire exposés à un risque d’effondrement, il faut d’abord les connaître. L’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR), placée sous la tutelle de son ministère, s’est dotée d’une vision 2022-2026 pour identifier et classer ces constructions dans toutes les régions du Royaume. Présentée par Fatima Ezzahra El Mansouri devant la Chambre des représentants, cette vision a d’abord ciblé Casablanca, Rabat-Salé, Essaouira, Tétouan, Marrakech et Fès.
En juin 2026, l’inventaire national recensait 53 728 bâtiments, dont 28 000 avaient déjà fait l’objet d’une expertise technique. Ce travail de diagnostic permet d’orienter les interventions.
Sur le terrain, 16 466 habitations menaçant ruine ont été traitées durant le mandat et 31 957 ménages accompagnés, selon les chiffres d’avril 2026. Cette action complète le programme Villes sans bidonvilles, qui a permis de reloger 81 809 ménages au cours du même mandat.
Les anciennes médinas, un patrimoine vivant
Cœurs historiques des villes marocaines, les anciennes médinas conjuguent patrimoine exceptionnel et enjeux de sécurité. En mai 2023, dans une réponse à la Chambre des conseillers lue en son nom, Fatima Ezzahra El Mansouri indiquait que 16 des 32 anciennes médinas du pays disposaient de plans d’aménagement et de réhabilitation approuvés, et que 17 chartes architecturales et paysagères avaient été réalisées. Ces chartes encadrent l’architecture et le paysage urbain, afin que les restaurations respectent le caractère des lieux. Le cadre bâti et le paysage urbain figuraient d’ailleurs parmi les quatre thèmes du Dialogue national de l’urbanisme et de l’habitat, lancé le 16 septembre 2022.
Des programmes royaux prioritaires concernent notamment les médinas de Casablanca, Rabat, Salé, Essaouira, Tétouan, Marrakech, Fès et Meknès. Au total, plus de 6 milliards de dirhams ont été consacrés à la réhabilitation des anciennes médinas entre 2014 et 2024.
Marrakech : la médina au quotidien
À Marrakech, dont elle est de nouveau maire depuis septembre 2021, ces enjeux prennent une forme très concrète. Dès 2014, le programme « Marrakech, Cité du renouveau permanent », lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI durant son premier mandat, prévoyait la restauration des remparts et des portes historiques. Sur le mandat en cours, le bilan de la ville en matière d’habitat associe la requalification urbaine au bénéfice de 7 479 familles et le relogement de 5 658 familles à la poursuite du traitement des bâtiments menaçant ruine.
Après le séisme du 8 septembre 2023, la ville a pris en charge 2 416 bâtiments endommagés, et les travaux étaient achevés sur 2 033 d’entre eux, soit près de 89 %. Dans la médina, 94 millions de dirhams ont été mobilisés pour restaurer 36 maisons d’hôtes traditionnelles. Dans l’ensemble des zones sinistrées, les cahiers des charges de reconstruction élaborés par son ministère conjuguent normes parasismiques et respect de l’identité architecturale de la région.
La place Jemaa el-Fnaa fait l’objet de travaux de réhabilitation et de mise en valeur, dont la maire a suivi l’avancement sur place le 8 décembre 2024. Ruelles, réseaux de drainage et portes historiques de la médina font eux aussi l’objet de travaux. En juin 2026, elle a lancé un centre d’interprétation du patrimoine à Bab Aghmat, aux côtés du jardin historique Agdal Ba Ahmed, d’environ 9 hectares. La ville s’appuie enfin sur une charte architecturale, une charte de construction et des règles pour les façades et les couleurs, fil conducteur de son action à Marrakech. Elle résumait ainsi sa démarche en juillet 2025 :
« Nous avons modernisé Marrakech sans renier son âme »
Fatima Ezzahra El Mansouri, entretien accordé à Médias24, juillet 2025
Une ambition pour 2027-2031
Le programme 2027-2031 du PAM prévoit de réhabiliter 20 000 bâtiments dans les médinas, selon les normes architecturales et esthétiques traditionnelles. Cet engagement s’inscrit dans un objectif plus large : permettre à 500 000 ménages d’accéder à un logement décent sur la période 2027-2031. Le programme du gouvernement sera présenté au Parlement une fois le gouvernement formé. L’ensemble de ces orientations figure dans sa vision.
Dans son allocution de campagne, elle rappelait le sens qu’elle donne à l’engagement public :
« Servir les gens n’est pas une saison qui passe, ni une étape, ni un choix révisable. C’est un engagement quotidien. »
Fatima Ezzahra El Mansouri, extrait de son allocution de campagne, septembre 2026
Sources
- MAP, « Élaboration d’une vision 2022-2026 pour le diagnostic et la classification des bâtiments menaçant ruine dans chaque région » (nouvel onglet)
- Médias24, « Aide directe au logement : près de 97 000 bénéficiaires enregistrés au Maroc » (nouvel onglet)
- TelQuel, « Aide directe au logement : plus de 105 000 bénéficiaires » (nouvel onglet)
- TelQuel, « 16 médinas sur 32 couvertes, selon El Mansouri » (nouvel onglet)
- H24info, « Maroc : plus de 6 MMDH alloués à la réhabilitation des anciennes médinas entre 2014 et 2024 » (nouvel onglet)