Bilan 2021-2026

Villes sans bidonvilles : 62 villes et un rythme presque triplé depuis 2021

Le programme Villes sans bidonvilles a relogé 81 809 ménages entre 2021 et 2026, et 62 villes sont déclarées sans bidonvilles.

Publié le 4 min de lecture

Casablanca, vue aérienne. Photo : you deal / Unsplash (nouvel onglet)

Lancé en 2004, le programme Villes sans bidonvilles a nettement accéléré durant le mandat de Fatima Ezzahra El Mansouri au ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Entre 2021 et 2026, 81 809 ménages ont été relogés, soit environ 409 000 personnes, et 62 villes sont aujourd’hui déclarées sans bidonvilles.

Un programme national engagé depuis 2004

Depuis son lancement en 2004, le programme Villes sans bidonvilles poursuit un objectif simple à énoncer et exigeant à atteindre : permettre aux familles qui vivent dans des bidonvilles d’accéder à un logement décent. Au total, 384 818 ménages en ont bénéficié depuis 2004.

Derrière ce programme, il y a une conviction sur la dignité qui dépasse la seule question du bâti, exprimée dès le début de son mandat :

« On ne peut plus se contenter de proposer uniquement des infrastructures de base car, aujourd’hui, la dignité du citoyen ne passe pas seulement par une route ou un éclairage public. »

Fatima Ezzahra El Mansouri, entretien avec Médias24, 3 mars 2022

Nommée ministre le 7 octobre 2021, Fatima Ezzahra El Mansouri en a fait un axe central de son action : dans le bilan ministériel présenté pendant la campagne de 2026, il ouvre la liste des six axes principaux. Le programme avance ville par ville et centre urbain par centre urbain. En 2025-2026, 62 villes et centres urbains étaient déclarés sans bidonvilles.

Un rythme presque triplé depuis 2021

Le changement le plus visible porte sur la cadence. Sur la période 2018-2021, environ 6 200 ménages étaient traités chaque année. Depuis 2021, la moyenne s’établit à environ 18 000 ménages par an : le rythme a presque triplé.

Sur l’ensemble du mandat, 81 809 ménages ont ainsi été relogés, soit environ 409 000 personnes, selon le bilan présenté pendant la campagne de 2026. En juin 2026, La Vie éco faisait état de son côté de plus de 81 000 ménages dont la situation avait été améliorée au cours de ce mandat. Derrière ces chiffres, ce sont autant de familles qui quittent un habitat précaire pour un logement digne. Pour tenir ce rythme, le ministère a misé sur des outils de suivi plus précis et sur un partenariat renforcé avec le secteur privé.

De nouveaux outils pour mieux cibler

Accélérer ne suffit pas : il faut aussi garantir que l’aide parvient aux familles qui y ont droit. Le ministère s’est pour cela doté de nouveaux outils :

  • un suivi des sites par drones, relié à un système d’information géographique (SIG), depuis 2022 ;
  • un registre national des bénéficiaires, depuis 2023, pour que chaque ménage soit identifié une seule fois.

Ces outils donnent une image plus précise de la situation sur le terrain, permettent de suivre chaque site dans la durée et fiabilisent l’identification des familles bénéficiaires, condition d’un programme équitable. Le numérique occupe la même place dans l’aide directe au logement, gérée entièrement en ligne, de la demande jusqu’au versement.

2024-2028 : 120 000 ménages, avec le secteur privé

Le programme quinquennal 2024-2028, mené avec le ministère de l’Intérieur, cible 120 000 ménages. Il s’appuie sur un partenariat avec le secteur privé, notamment à travers des appels adressés aux promoteurs immobiliers, comme dans le Grand Casablanca, la plus importante opération du programme. Parmi les principales opérations :

  • 62 000 ménages dans le Grand Casablanca ;
  • 30 000 à Marrakech ;
  • 12 000 à Kénitra ;
  • 5 000 à Larache.

Cette répartition reflète la priorité donnée aux grandes agglomérations, qui concentrent l’essentiel des ménages ciblés pour les cinq années du programme. Pour les familles concernées, elle dessine un horizon clair : un programme de cinq ans, avec des objectifs définis ville par ville.

Marrakech, au cœur de l’effort

À Marrakech, la ville dont elle a été élue maire en 2009 puis en 2021, le bilan communal 2021-2026 fait état de 5 658 familles relogées, de 7 479 familles concernées par des opérations de requalification et de renouvellement urbain, et de 1 838 familles ayant bénéficié d’une régularisation foncière, avec la poursuite du programme Villes sans bidonvilles et le traitement des bâtiments menaçant ruine. Le relogement de 30 000 familles marrakchies dans le cadre du programme 2024-2028, en partenariat avec le secteur privé, figure parmi les priorités qu’elle a présentées lors de la campagne de 2026.

Pendant cette campagne, elle résumait ainsi le sens de son engagement :

« Je suis fière d’être la voix de celles et ceux qui attendent un logement décent, et de celles et ceux qui réclament une ville plus juste et de meilleure qualité. »

Fatima Ezzahra El Mansouri, extrait de son allocution de campagne, septembre 2026

Le programme 2027-2031 du PAM fixe un cap à l’échelle du pays : permettre à 500 000 familles d’accéder à un logement décent sur le mandat. Villes sans bidonvilles s’inscrit dans cet ensemble, aux côtés de l’aide au logement et de la rénovation des médinas, présentés dans son bilan au ministère.

Sources

  1. TelQuel, « Villes sans bidonvilles : la moyenne annuelle des ménages relogés » (nouvel onglet)
  2. Médias24, « Villes sans bidonvilles : la moyenne annuelle de bénéficiaires a triplé » (nouvel onglet)
  3. Médias24, « Registre national, contrôle par drones et relogement : la nouvelle recette pour éradiquer les bidonvilles (F.E. El Mansouri) » (nouvel onglet)
  4. Médias24, « Entretien. Fatima-Zahra Mansouri : “En juillet, toutes les villes auront leurs documents d’urbanisme” » (nouvel onglet)
  5. Bilan 2021-2026 : villes sans bidonvilles

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