Une enfance marrakchie
Fatima Ezzahra El Mansouri est née le 3 janvier 1976 à Marrakech, dans une famille originaire de la région des Rehamna. Son père, Abderrahmane El Mansouri, avocat, a été pacha de la ville avant de servir comme ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis.
Elle a grandi dans un environnement où la chose publique occupait une place précoce et déterminante. C’est auprès de son père qu’elle dit avoir puisé le sens de la responsabilité et un lien particulier avec les questions de la ville, de la gestion locale et du service de l’intérêt général.
Une formation de juriste
Scolarisée dans le système français à Marrakech, elle obtient son baccalauréat au lycée Victor Hugo en 1994. Elle étudie ensuite le droit à l’Université Mohammed V de Rabat, où elle obtient une licence en droit privé.
Elle poursuit en France avec un DEA en droit des contrats d’affaires à l’Université de Montpellier, puis complète sa formation à New York par un certificat en droit anglo-saxon des affaires. Ce parcours lui donne une solide assise juridique et une ouverture internationale qui marqueront toute sa carrière.
Avocate au barreau de Marrakech
Inscrite au barreau de Marrakech depuis le 22 mars 2005, elle se spécialise en droit foncier et immobilier. Après avoir également exercé au sein d’un cabinet d’affaires à Casablanca, elle fonde son propre cabinet, consacré aux transactions immobilières et commerciales.
Cette pratique du droit foncier et immobilier lui donne une connaissance concrète des questions de foncier, d’autorisations et d’investissement, celles-là mêmes qu’elle retrouvera à la mairie puis au ministère de l’Habitat.
L’entrée en politique
En 2008, elle rejoint le Mouvement de tous les démocrates, puis compte parmi les membres fondateurs du Parti Authenticité et Modernité (PAM), dont elle siégera au bureau politique pendant deux mandats.
Le 12 juin 2009, elle est élue au conseil de la ville de Marrakech. Dix jours plus tard, le 22 juin, le conseil l’élit maire par 54 voix contre 35. À 33 ans, elle devient la première femme à diriger Marrakech, et la deuxième femme maire de l’histoire du Maroc.
« Je suis honorée de diriger la mairie de Marrakech, j’espère être à la hauteur de cette nouvelle mission »
Maire de Marrakech, 2009-2015
À la tête d’un conseil de 96 membres, elle fait de la proximité une méthode et du redressement des finances une priorité. Selon ses chiffres, présentés en janvier 2014, le budget de la ville a doublé en quatre ans et dégage un excédent de 150 millions de dirhams.
Son conseil prépare selon une démarche participative, avec 30 ateliers réunissant 1 200 citoyens, le programme « Marrakech, Cité du renouveau permanent ». Le 6 janvier 2014, Sa Majesté le Roi en donne le coup d’envoi : 6,3 milliards de dirhams sur 2014-2017 pour l’intégration urbaine, la mobilité, le patrimoine culturel, l’environnement et le développement humain. Elle prononce à cette occasion une allocution devant le Souverain.
« Je continue d’aller dans les quartiers et de rencontrer les gens. »
Au Parlement
Élue à la Chambre des représentants en 2011, elle est réélue en 2016 dans la circonscription de Marrakech Médina-Sidi Youssef Ben Ali. En septembre 2021, la liste qu’elle conduit y arrive en tête avec 16 136 voix.
Le 23 septembre 2026, elle est de nouveau élue dans cette circonscription, le jour où le PAM arrive pour la première fois en tête d’un scrutin législatif.
À la tête du PAM
Le 24 janvier 2016, le 3e congrès national du PAM l’élit à l’unanimité présidente du Conseil national, fonction dans laquelle elle est réélue à l’unanimité le 9 février 2020. En février 2024, le 5e congrès, réuni à Bouznika, instaure une direction collégiale du PAM dont elle devient la coordinatrice nationale, aux côtés aujourd’hui de Mohamed Mehdi Bensaid et de Fatima Saâdi.
Le 13 février 2024, Sa Majesté le Roi Mohammed VI lui adresse un message de félicitations saluant ses qualités humaines, sa compétence et son expérience. Sous sa coordination, le parti se dote d’une charte d’éthique et d’une académie politique, lance la plateforme de dialogue avec la jeunesse Jeel 2030 et présente, en septembre 2026, un programme de vingt engagements mesurables.
Ministre, 2021-2026
Le 7 octobre 2021, le Roi la nomme au Palais royal de Fès ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, dans le gouvernement d’Aziz Akhannouch. Elle engage un Dialogue national de l’urbanisme et de l’habitat, conduit dans les 12 régions avec plus de 4 000 participants, puis présente au Souverain, le 17 octobre 2023, le programme d’aide directe au logement.
Lancé le 2 janvier 2024 sur une plateforme entièrement numérique, ce programme compte 108 459 bénéficiaires en juin 2026. Son ministère encadre la reconstruction après le séisme d’Al Haouz (58 945 autorisations délivrées, plus de 54 400 logements reconstruits ou réhabilités), accélère le programme Villes sans bidonvilles (62 villes déclarées), fait approuver 444 documents d’urbanisme et porte deux lois de réforme, 64.23 et 34.21, publiées le 10 août 2026.
« On ne peut plus se contenter de proposer uniquement des infrastructures de base car, aujourd’hui, la dignité du citoyen ne passe pas seulement par une route ou un éclairage public. »
Marrakech, second mandat
Réélue maire le 17 septembre 2021, elle conduit, parallèlement à ses fonctions ministérielles, un programme de 423 projets et de 15,16 milliards de dirhams d’investissements programmés, dont 311 réalisés ou lancés. Sa ligne : concilier investissement et préservation de l’identité urbaine et patrimoniale de la ville.
Le bilan de ce mandat compte 349 nouveaux bus, dont 15 électriques, la gare routière d’Azzouzia, 130 km de voirie, le parc Zitoune (120 hectares), le parc Moulay El Hassan (40 hectares) et la forêt urbaine de M’Hamid (65 hectares), ainsi que le lancement de la réhabilitation du jardin historique d’Agdal Ba Ahmed.
« Nous avons modernisé Marrakech sans renier son âme »
Une reconnaissance internationale
En mars 2014, le Forum économique mondial la distingue parmi les Young Global Leaders. En décembre de la même année, Forbes la place en tête de sa liste des vingt plus jeunes femmes de pouvoir en Afrique.
Ministre, elle conduit la délégation marocaine à la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies sur le Nouvel Agenda urbain, à New York, le 28 avril 2022, et intervient au sommet Africités de Kisumu ; à l’Assemblée d’ONU-Habitat à Nairobi, l’allocution du Maroc est lue en son nom. En mai 2024, elle est élue au Bureau de l’Association internationale des maires francophones.
« Notre défi aujourd’hui est de contribuer à l’élaboration d’une vision collective commune de la ville de demain et d’assurer l’inclusion sociale, la croissance économique, la résilience et le développement durable »
Cheffe du gouvernement
Le 23 septembre 2026, le PAM arrive en tête des élections législatives avec 97 sièges sur 395. Six jours plus tard, le mardi 29 septembre, Sa Majesté le Roi Mohammed VI la reçoit au Palais royal de Rabat et la nomme, en vertu de l’article 47 de la Constitution, Cheffe du gouvernement, en la chargeant de former le nouveau gouvernement. Elle succède à Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement depuis 2021.
Pour la première fois dans l’histoire du Maroc, une femme dirige le gouvernement, fonction que la presse désigne aussi comme celle de Première ministre. Elle a annoncé des consultations immédiates, d’abord au sein de son parti puis avec l’ensemble des formations politiques, en vue de proposer au Souverain la composition de la nouvelle équipe.
« Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une femme assume la responsabilité de cheffe du gouvernement. »