Parti Authenticité et Modernité

Le programme du PAM 2027-2031 : « Pour changer de cap »

Présenté le 1er septembre 2026 sous le mot d’ordre « Pour changer de cap. Une parole ! », le programme du Parti Authenticité et Modernité tient en cinq chartes et vingt engagements mesurables, pour un coût additionnel estimé à 350 milliards de dirhams sur cinq ans.

Vue aérienne de Casablanca, avec ses immeubles et ses quartiers
Casablanca, capitale économique du Royaume. Photo : you deal / Unsplash (nouvel onglet)
5chartes, du pouvoir d’achat à la croissance
20engagements mesurables pour 2027-2031
350milliards de dirhams de coût additionnel estimé sur cinq ans, soit près de 70 milliards par an
5 %de croissance annuelle moyenne visée sur 2027-2031

Cinq chartes, vingt engagements

Chaque charte fixe une priorité, une enveloppe et des engagements mesurables. Les quatre premières se partagent les 350 milliards de dirhams ; la cinquième fixe le cadre de croissance qui doit les financer.

  1. 01Charte du pouvoir d’achat150 milliards de dirhams5 engagements
  2. 02Charte d’insertion des jeunes50 milliards de dirhams5 engagements
  3. 03Charte de la citoyenneté100 milliards de dirhams6 engagements
  4. 04Charte de la sécurité50 milliards de dirhams4 engagements
  5. 05Charte de la croissance et de la durabilitéObjectif : 5 % de croissance annuelle moyenne6 objectifs chiffrés

Coût et financementLe programme dans les régions

Charte du pouvoir d’achat

150 milliards de dirhams alloués à cette charte · 5 engagements

Première priorité : arrêter l’hémorragie du pouvoir d’achat, en améliorant le revenu d’une part, et en réorganisant les circuits de commercialisation et en régulant le marché d’autre part.

À lire : État social : pouvoir d’achat, santé et logement, les engagements du PAM

Marrakech, le minaret de la Koutoubia et les sommets enneigés du Haut Atlas
Marrakech. Photo : Paul Macallan / Unsplash (nouvel onglet)
  1. 01

    Retour des prix des produits de base à leur niveau normal

    • Création de six sociétés régionales de distribution agricole (Souss, Tadla, Gharb, Loukkos, Doukkala-Abda, Oriental) supprimant l’intermédiation de rente entre le producteur et le détaillant.
    • Modernisation des marchés de gros par des plateformes multimodales dotées d’entrepôts frigorifiques et de stations de conditionnement, avec traçabilité numérique des transactions.
    • Unités frigorifiques publiques dans les ports de pêche artisanale : Larache, Al Hoceïma, Safi, Tan-Tan, Laâyoune, Dakhla.
    • Conditionner le soutien agricole à une part de production destinée au marché intérieur, et encadrer les exportations par le principe du contrôle et de l’autorisation.
    • Dispositif conjoint avec le Conseil de la concurrence contre l’intermédiation parasitaire, avec publication des sanctions prononcées.
  2. 02

    Gratuité de la facture d’électricité jusqu’à 100 dirhams par mois

    • Gratuité totale de toute facture mensuelle inférieure à 100 dirhams, sans condition supplémentaire ni démarche administrative.
    • Contribution de solidarité marginale de 12 % au-delà de 200 kWh par mois, soit moins de 30 dirhams mensuels en moyenne.
  3. 03

    Baisse de l’impôt sur le salaire, pour plus d’équité

    • Passage de 6 tranches à 3 tranches seulement.
    • 0 % pour les salaires bruts inférieurs à 15 000 dirhams par mois (environ 12 500 dirhams nets) : la grande majorité des salariés est exonérée.
    • 10 % entre 15 000 et 46 000 dirhams bruts par mois, et 20 % au-delà de 46 000 dirhams par mois, soit les hauts salaires uniquement.
    • Le taux marginal maximal passe ainsi de 37 % à 20 %.
  4. 04

    Plus aucune pension en dessous de 3 000 dirhams

    • À partir de la deuxième année du mandat : aucune pension, quel que soit son régime, en dessous de 3 000 dirhams par mois.
    • Relèvement de la pension de réversion des veuves à 100 % de celle du défunt, contre 50 % aujourd’hui.
    • Plus de 251 043 pensionnés du secteur public perçoivent aujourd’hui moins de 3 500 dirhams par mois.
  5. 05

    Un minimum de 1 000 dirhams d’aide sociale directe

    • Relèvement progressif du minimum mensuel de l’aide de 500 à 1 000 dirhams.
    • Passage d’un ciblage par indicateur à un ciblage par revenu réel, réduisant la marge d’erreur de 20-30 % à 5 % en 2030.

Charte d’insertion des jeunes

50 milliards de dirhams alloués à cette charte · 5 engagements

Deuxième priorité : faire du prochain mandat celui de la jeunesse, via un programme national intégré 2027-2031 sous le mot d’ordre « à chaque jeune un horizon », visant l’insertion et la qualification d’environ un million de jeunes. Aujourd’hui : 2,9 millions de jeunes hors éducation, formation et emploi, et 29,2 % de chômage chez les 15-24 ans.

À lire : Jeunesse : de Jeel 2030 à « À chaque jeune un horizon »

La cour de la médersa Ben Youssef à Marrakech
Médersa Ben Youssef, Marrakech. Photo : Alex Azabache / Unsplash (nouvel onglet)
  1. 06

    Prendre en charge les jeunes hors éducation, formation et emploi

    • Plateforme nationale d’inscription et parcours unifié pour les 18-29 ans : diagnostic individuel, accompagnement social et contrat d’insertion.
    • Cible d’environ 300 000 jeunes par an à plein régime, en donnant la priorité aux enfants des familles bénéficiaires de l’aide sociale directe.
    • Faire passer l’aide sociale d’un filet de protection à une passerelle vers l’insertion.
  2. 07

    Zéro décrochage scolaire sans solution alternative

    • Dispositif national de repérage des décrocheurs, en particulier les 15-18 ans, avec orientation automatique de chaque cas vers un retour en formation.
    • Aller progressivement vers la garantie d’éducation ou de formation jusqu’à 18 ans.
    • Tarir le flux des 300 000 élèves qui quittent chaque année le système sans qualification.
  3. 08

    Une compétence pour chaque jeune… et un premier contrat de travail

    • Généralisation de la formation professionnelle et de l’apprentissage : capacité d’accueil portée à 150 000-200 000 bénéficiaires par an.
    • Programme « Compétences 2030 » : qualification et reconversion d’environ 500 000 personnes dans les métiers réellement demandés.
    • Programme « premier contrat de travail » : 500 000 jeunes sur cinq ans, avec un soutien public conditionné au maintien en poste après la période aidée.
    • « Entreprise des jeunes » : accompagnement d’environ 60 000 entreprises par l’incubation, le financement, la garantie et l’accès au marché.
    • Mobilité professionnelle internationale : environ 125 000 opportunités légales, avec contrats et diplômes reconnus.
  4. 09

    Des conditions de travail décentes

    • Adoption d’une « charte du travail décent » : contrat déclaré et couverture sociale dès le premier jour, respect du temps de travail et des normes de sécurité.
    • Renforcement humain, technique et numérique de l’inspection du travail, pour une application effective du code du travail.
    • Création d’un label « employeur modèle » ouvrant des avantages préférentiels d’accès à la commande et au soutien publics.
    • Intégrer la qualité des emplois, et pas seulement leur nombre, aux indicateurs de suivi des programmes publics d’emploi.
  5. 10

    Logement et mobilité : un fonds public de garantie locative pour les jeunes

    • Un fonds public par lequel l’État se substitue au jeune pour fournir la garantie locative, sans qu’il ait à immobiliser la moindre somme.
    • « Passeport de mobilité professionnelle » : environ 250 000 mobilités professionnelles sur cinq ans.
    • Programme « logement pour les jeunes » : 100 000 solutions de logement entre 2027 et 2031, avec foncier public, incitations et garanties pour attirer les investisseurs.

Charte de la citoyenneté

100 milliards de dirhams alloués à cette charte · 6 engagements

Troisième priorité : des services sectoriels qui ont toujours été les fondements de la citoyenneté, l’hôpital, l’emploi, l’école, le logement, le numérique, et l’accélération de l’officialisation de l’amazigh.

À lire : État social : pouvoir d’achat, santé et logement, les engagements du PAM

Vue panoramique de la médina de Fès
La médina de Fès. Photo : Matt Dany / Unsplash (nouvel onglet)
  1. 11

    Un hôpital public compétitif

    • Couverture sanitaire généralisée à 100 %, et services de gynécologie-obstétrique couverts par une garde médicale spécialisée 24h/24 sur tout le territoire.
    • Quatre nouveaux centres hospitaliers universitaires régionaux avant fin 2028 : Béni Mellal, Guelmim, Errachidia et Casablanca.
    • Mise à niveau de 1 600 centres de santé de premier niveau et de 90 hôpitaux régionaux et provinciaux.
    • Plan de soutenabilité de l’assurance maladie obligatoire dès la loi de finances 2027, pour absorber un déficit attendu de 33 milliards de dirhams avant 2030.
    • Encadrement strict du taux de césariennes, ramené progressivement de 68 % à 25 %.
  2. 12

    Un million d’emplois nets au minimum sur le mandat quinquennal

    • 250 000 emplois nets dans l’industrie, par la substitution aux importations, un label de production locale et des zones industrielles équipées.
    • 270 000 emplois dans les services délocalisés à forte valeur ajoutée, avec 12 pôles numériques régionaux.
    • 360 000 emplois liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030 et aux activités connexes, entre 2026 et 2031.
    • 80 000 jeunes agriculteurs installés en milieu rural, et 40 000 emplois dans l’économie du sport.
    • Chômage ramené de 10,8 % à 7,0 % en 2031, et taux d’activité des femmes porté à 21,2 %.
  3. 13

    Une école publique qui éduque, forme et prépare l’avenir

    • Généralisation du préscolaire dès l’âge de 4 ans, et début des cours à neuf heures du matin.
    • Généralisation du transport scolaire en milieu rural, de la restauration dans les zones vulnérables, et du dépistage médical régulier de l’audition et de la vue.
    • 20 minutes de lecture par jour, et trois heures d’éducation physique au primaire et au collège.
    • Filières d’excellence professionnelle au lycée, et structuration de l’enseignement supérieur en trois pôles reliés par un système de passerelles.
  4. 14

    500 000 familles accèdent à un logement décent sur le mandat quinquennal

    • Poursuite du programme d’aide au logement pour atteindre 300 000 bénéficiaires.
    • 100 000 logements dans le cadre de l’émergence des centres ruraux intégrés, avec une aide aux familles pouvant aller jusqu’à 40 000 dirhams et un accompagnement technique.
    • Taxe progressive sur les terrains non bâtis en périmètre urbain, pour lutter contre la spéculation foncière.
    • Réhabilitation de 20 000 bâtiments dans les médinas, selon les normes architecturales et esthétiques traditionnelles.
    • Loi-cadre rétablissant l’équilibre entre bailleur et locataire, et immeubles publics destinés exclusivement à la location aux jeunes.
  5. 15

    L’égalité d’accès aux services numériques

    • Équipement de 80 % des logements en fibre optique, avec connexion satellitaire dans les zones isolées.
    • 1 500 espaces numériques citoyens répartis dans les communes, pour accompagner les citoyens au plus près.
    • Programme IA MAROC : l’intelligence artificielle au service de l’État social, du repérage précoce du décrochage scolaire à la télémédecine.
    • Souveraineté numérique par un cloud national souverain pour l’hébergement des données des Marocains.
  6. 16

    Accélérer l’officialisation de la langue amazighe

    • Fonds dédié au soutien de l’usage de l’amazigh, doté de deux milliards de dirhams.
    • Activation de l’article 34 de la loi organique n° 26.16 : commission ministérielle permanente auprès du Chef du gouvernement, chargée du suivi et de l’évaluation.
    • Soutien à la transition numérique et à l’usage de l’amazigh dans les services publics.

Charte de la sécurité

50 milliards de dirhams alloués à cette charte · 4 engagements

Quatrième priorité : une sécurité stratégique face aux menaces hydrique, alimentaire et énergétique, et au défi de maîtriser et de s’approprier la révolution de l’intelligence artificielle.

À lire : Sécurité stratégique : eau, énergie, alimentation et IA

Un village à flanc de colline, au-dessus d’une vallée verdoyante
Photo : Louis Hansel / Unsplash (nouvel onglet)
  1. 17

    Bâtir la sécurité énergétique stratégique

    • Garantir un stock de carburants couvrant 3 mois de consommation nationale.
    • Obliger les importateurs de carburants à disposer de capacités de stockage suffisantes, avec un contrôle strict de l’approvisionnement.
    • Porter la part des énergies renouvelables dans la consommation électrique à 52 %, contre 46 % aujourd’hui.
  2. 18

    La sécurité hydrique stratégique

    • Réalisation de près de 400 ouvrages hydrauliques : petits barrages, barrages collinaires et dispositifs de collecte des eaux pluviales.
    • Réalisation de 6 stations de dessalement, pour dépasser 1,8 milliard de mètres cubes à l’horizon 2031.
    • Deuxième tranche du transfert d’eau entre bassins : du bassin du Bouregreg vers celui de l’Oum Er-Rbia, au barrage Al Massira.
    • Irrigation économe sur 350 000 hectares supplémentaires, pour atteindre 1,2 million d’hectares, soit près de 70 % des superficies irriguées.
    • Aménagement d’environ 1 000 points d’eau en zones pastorales, ce qui sert également la reconstitution du cheptel national.
  3. 19

    La sécurité alimentaire stratégique

    • Orienter l’investissement agricole vers les besoins du marché intérieur, selon le potentiel de chaque région.
    • Préserver le patrimoine agricole national : variétés de semences, arbres fruitiers, races locales de bétail.
    • Soutenir la recherche agronomique et l’orienter vers une agriculture durable et résiliente au changement climatique.
    • Revoir la gestion et le contrôle du stock stratégique, et garantir le rôle de l’État comme acteur du secteur.
  4. 20

    La sécurité scientifique et technique stratégique

    • Projet national de formation de 5 000 encadrants en intelligence artificielle, et introduction de la matière au collège.
    • Encourager les structures et projets de recherche en intelligence artificielle dans les universités et grandes écoles, par un soutien financier et des facilités.
    • Construire un écosystème marocain d’intelligence artificielle, pour prémunir le pays contre une nouvelle forme de dépendance.

Charte de la croissance et de la durabilité

Objectif : 5 % de croissance annuelle moyenne sur 2027-2031

Cinquième priorité : la croissance économique est la condition de réalisation de tous les engagements précédents. Une croissance créatrice d’emplois, inclusive et durable, qui préserve les équilibres financiers de l’État.

5 %
de croissance annuelle moyenne en 2027-2031, contre 3,7 % en 2022-2025
1 million
d’emplois nets au minimum sur le mandat (engagement 12)
7 %
de chômage en 2031, contre 10,8 %
2 %
plafond d’inflation annuelle
3 %
plafond du déficit budgétaire (en % du PIB)
62 %
dette publique rapportée au PIB à l’horizon 2031

À lire : Programme 2027-2031 : « Pour changer de cap », 20 engagements mesurables

Coût et financement

Le coût additionnel du programme est estimé à 350 milliards de dirhams sur 2027-2031. Il se répartit entre les quatre premières chartes ; les ressources reposent d’abord sur l’effet de la croissance.

350 Mds DH de coût additionnel sur 2027-2031, soit près de 70 milliards de dirhams par an

Répartition du coût additionnel

  • Pouvoir d’achat150 Mds DH
  • Citoyenneté100 Mds DH
  • Insertion des jeunes50 Mds DH
  • Sécurité50 Mds DH

Ressources mobilisées

  • Effet de la croissance et élargissement de l’assiette fiscale300 Mds DH
  • Contribution des collectivités territoriales (fonds TVA)40 Mds DH
  • Réaffectation et efficience budgétaire10 Mds DH

Le programme dans les régions

Plusieurs engagements désignent des territoires précis : hôpitaux universitaires, sociétés régionales de distribution agricole, ports de pêche, transfert d’eau. Les voici, région par région, suivis des mesures qui concernent l’ensemble du territoire.

Un village de montagne au pied des sommets enneigés de l’Atlas
Un village de l’Atlas. Photo : Paul Macallan / Unsplash (nouvel onglet)
  • Tanger-Tétouan-Al Hoceïma

    • Société régionale de distribution agricole du Loukkos Engagement 01
    • Unités frigorifiques publiques aux ports de Larache et d’Al Hoceïma Engagement 01
  • L’Oriental

    • Société régionale de distribution agricole de l’Oriental Engagement 01
  • Rabat-Salé-Kénitra

    • Société régionale de distribution agricole du Gharb Engagement 01
    • Transfert d’eau depuis le bassin du Bouregreg (deuxième tranche) Engagement 18
  • Béni Mellal-Khénifra

    • Nouveau centre hospitalier universitaire de Béni Mellal, avant fin 2028 Engagement 11
    • Société régionale de distribution agricole du Tadla Engagement 01
  • Casablanca-Settat

    • Nouveau centre hospitalier universitaire de Casablanca, avant fin 2028 Engagement 11
    • Société régionale de distribution agricole Doukkala-Abda Engagement 01
    • Transfert d’eau vers le barrage Al Massira, dans le bassin de l’Oum Er-Rbia Engagement 18
  • Marrakech-Safi

    • Unité frigorifique publique au port de Safi Engagement 01
    • Société régionale de distribution agricole Doukkala-Abda Engagement 01
  • Drâa-Tafilalet

    • Nouveau centre hospitalier universitaire d’Errachidia, avant fin 2028 Engagement 11
  • Souss-Massa

    • Société régionale de distribution agricole du Souss Engagement 01
  • Guelmim-Oued Noun

    • Nouveau centre hospitalier universitaire de Guelmim, avant fin 2028 Engagement 11
    • Unité frigorifique publique au port de Tan-Tan Engagement 01
  • Laâyoune-Sakia El Hamra

  • Dakhla-Oued Ed-Dahab

  • À l’échelle nationale

    • 12 pôles numériques régionaux et 1 500 espaces numériques citoyens dans les communes Engagement 12
    • Mise à niveau de 1 600 centres de santé et de 90 hôpitaux régionaux et provinciaux Engagement 11
    • 100 000 logements dans les centres ruraux intégrés émergents Engagement 14
    • Près de 400 ouvrages hydrauliques et 1 000 points d’eau en zones pastorales Engagement 18
    • Transport scolaire généralisé en milieu rural Engagement 13