Portrait

Du barreau de Marrakech à la vie publique, le parcours d’une juriste

Rabat, Montpellier, New York, puis le barreau de Marrakech en 2005 : comment la formation juridique de Fatima Ezzahra El Mansouri a nourri son action.

Publié le 4 min de lecture

La cour de la médersa Ben Youssef à Marrakech, vue à travers une arche sculptée
La cour de la médersa Ben Youssef à Marrakech, vue à travers une arche sculptée. Photo  : Alex Azabache / Unsplash (nouvel onglet)

Avant d’être maire de Marrakech, ministre puis Cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri a été avocate. Inscrite au barreau de Marrakech depuis le 22 mars 2005 et spécialisée en droit foncier et immobilier, elle a construit son parcours public sur une formation juridique acquise au Maroc, en France et aux États-Unis.

Des racines marrakchies

Fatima Ezzahra El Mansouri est née le 3 janvier 1976 à Marrakech, dans une famille originaire de la région des Rehamna. Son père, Abderrahmane El Mansouri, a exercé la profession d’avocat et occupé les fonctions de pacha de Marrakech. C’est auprès de lui, rappelle son site de campagne, qu’elle a puisé très tôt le sens de la responsabilité publique.

Elle suit sa scolarité dans le système d’enseignement français à Marrakech et obtient en 1994 son baccalauréat au lycée Victor Hugo de la ville. Sa biographie retrace les grandes étapes qui ont suivi.

Rabat, Montpellier, New York

Ses études de droit la conduisent d’abord à l’Université Mohammed V de Rabat, où elle obtient une licence en droit privé. Elle poursuit en France, à l’Université de Montpellier, avec un diplôme d’études approfondies (DEA) en droit des contrats d’affaires, puis complète sa formation aux États-Unis, à New York, par un certificat en droit des affaires anglo-saxon.

Ce parcours croise ainsi trois traditions : le droit marocain, le droit français des contrats et la common law anglo-saxonne. Selon son site de campagne, cette diversité de formation lui a donné une assise juridique et économique solide et lui a ouvert la voie du barreau.

Une avocate du foncier et de l’immobilier

Son expérience passe notamment par un cabinet d’avocats de Casablanca, le cabinet Naciri. Inscrite au barreau de Marrakech le 22 mars 2005, elle se spécialise en droit foncier et immobilier et fonde son propre cabinet, consacré aux transactions immobilières et commerciales.

Le droit foncier et immobilier touche à des questions très concrètes pour les familles comme pour les entreprises : la propriété, les ventes, les contrats, les projets de construction. Ce sont précisément ces matières qu’elle retrouvera plus tard à l’échelle d’une ville, puis d’un ministère.

Du barreau à l’engagement public

En 2008, elle s’engage en politique au sein du Mouvement de tous les démocrates et devient membre fondatrice du Parti Authenticité et Modernité. Le 22 juin 2009, à 33 ans, elle est élue maire de Marrakech par 54 voix contre 35, devenant la première femme à diriger la ville. Élue à la Chambre des représentants en 2011, puis réélue en 2016, en 2021 et le 23 septembre 2026, la juriste prend également part au travail législatif.

Le droit au service de l’urbanisme et de l’habitat

Nommée le 7 octobre 2021 ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, elle retrouve à l’échelle nationale les questions foncières et immobilières qu’elle traitait comme avocate. Son site de campagne souligne que ce poste lui a permis de mettre son expertise juridique et son expérience de la gestion locale au service d’un domaine où la vision stratégique croise les besoins du citoyen.

Plusieurs chantiers de son mandat relèvent directement du droit :

  • le Dialogue national sur l’urbanisme et l’habitat, lancé le 16 septembre 2022, dont les conclusions ont nourri la réorganisation du ministère (décret 2-23-751 du 21 décembre 2023) et de nouvelles lois ;
  • l’aide directe au logement, en vigueur depuis le 2 janvier 2024, réservée aux Marocains résidant au Maroc ou à l’étranger qui ne possèdent pas de logement au Maroc et n’ont jamais bénéficié d’une aide au logement, pour une première vente et une résidence principale ; la loi de finances 2026 l’a ouverte aux copropriétaires en indivision et a fixé à cinq ans l’obligation de résidence principale ;
  • la loi 34.21, qui modifie la loi 25.90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements : validité des autorisations adaptée à la taille des projets, jusqu’à 15 ans au-delà de 400 hectares, suspension des délais lorsque les travaux s’arrêtent pour des raisons indépendantes de la volonté du promoteur, et cadre pour régulariser les lotissements irréguliers ;
  • la loi 64.23, qui crée douze agences régionales d’urbanisme et d’habitat, une par région.

Ces deux lois ont été adoptées à l’unanimité en deuxième lecture par la Chambre des représentants le 7 juillet 2026, puis publiées au Bulletin officiel n° 7533 du 10 août 2026. Elles sont présentées en détail dans l’article sur les lois 64.23 et 34.21.

De la robe d’avocate aux responsabilités publiques, une même exigence de résultats traverse ce parcours. Elle l’a formulée dans son allocution de campagne :

« Les années m’ont appris que l’écoute seule ne suffit pas, et que la bonne volonté ne compense pas l’absence de résultats. »

Fatima Ezzahra El Mansouri, extrait de son allocution de campagne, septembre 2026

Sources

  1. Hespress FR, « Biographie de Fatima Zahra Mansouri, nommée Cheffe du gouvernement » (nouvel onglet)
  2. Biographie de Fatima Ezzahra El Mansouri
  3. PAM, « Profil de Fatima Zahra Mansouri, ministre » (copie archivée) (nouvel onglet)
  4. TelQuel, « Fatima Zahra Mansouri, présidente du Conseil national du PAM » (nouvel onglet)
  5. Hespress FR, « Urbanisme et habitat : deux nouvelles lois pour accélérer la transformation territoriale » (nouvel onglet)

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